Presse Out Of Place

About “OUT OF PLACE”® :

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Revue-Press   French / English (uploaded 12 nov 2018)


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Gilles Costaz / webthea.com

Critiques / Comédie & Humour

Out of place de Gherassim Dichliev

par Gilles Costaz

Un grand burlesque bulgare

Gherassin Luca arrive de Bulgarie. Il vient tous les soirs de Bulgarie au Studio-Hébertot. Une fois dans la salle, venu jouer Out of place (Pas à sa place, ou « à côté de la plaque » pour employer une expression bien française), il ne trouve pas l’endroit qui lui est dévolu. Il cherche dans les allées, puis se résigne à aller sur la scène, jetant son chapeau et son manteau sur un trépied et n’ayant plus affaire qu’à des objets imaginaires – sauf un balai qu’il lui faudra passer sur le sol quand il se rappellera sa condition de pauvre vagabond. Il voudrait se sentir bien dans la solitude de la scène, mais les bruits – excellente bande sonore ! – l’amènent toujours à sortir de son bien-être et de sa rêverie. Un meuglement de vache le transforme en ouvrier agricole obligé de traire un bovin invisible. Un cri de bébé fait de lui un père embarrassé. Flânant d’un personnage d’égaré à un rôle d’homme sociable, il cherche de l’aide du côté du public, mais les ennuis se multiplient. Il est un matador rapidement contraint à passer l’océdar sur le sol. Porté par certaines musiques glorieuses, il se sent un héros puissant et célèbre avant de retomber à grande vitesse dans la médiocrité de la vie quotidienne…
Ce n’est pas à proprement parler de l’humour bulgare. Guerassim Dichliev s’inscrit plutôt dans la ligne des grands burlesques américains et français. Ses gags sont d’une remarquable précision, son personnage (souriant et vaincu) clair et proche de nous, son contact avec le public parfait. Dichliev est un comique qui rend heureux et pourrait aller loin au ciel des amuseurs qui savent parler sans dire un mot.

Out of place, de et avec Guerassim Dichliev.
Mise en scène d’Edouard Dedessus Le Moutier

Photo BulFoto

chez Spectatif.com

Un artiste hors-pair, comédien, mime, clown, poète, pour un spectacle lumineux, captivant et jubilatoire. Une farandole de plaisirs qui nous fait rire de ses comiques de situation et de répétition, qui nous surprend de ses gags éclatants et qui nous touche de ses bouffées de tendresse parsemées.

Guérassim Dichliev possède un tonique et chaleureux contact avec le public qu’il chérit autant qu’il l’interpelle. Son attitude généreuse, un rien naïve et toujours ludique, habille les personnages qui défilent au gré de scènes improbables, teintées de poésie et de burlesque. C’est savoureux.

Nous croisons nos souvenirs et nos fantasmes où se retrouvent les joies et les peurs des jeux d’enfants, les désirs et les frustrations des adultes, leurs illusions perdues ou sublimées dont il fait bon sourire ou rire. Des enfants ou des adultes délibérément jamais à leur place et pourtant si présents.

Le tout est bercé d’une impertinence élégante qui accompagne un abatage incroyable et fascinant, truffé de clins d’œil complices et bienfaisants. Les lumières adroites et espiègles comme les musiques savamment choisies, illuminent avec grâce et humour ce spectacle drôle et attachant. Du grand art.

Décidément, les artistes qui font rire sont des gens précieux. Guérassim Dichliev rejoint cette lignée prestigieuse où se trouvent Grock, Decroux, Marceau, Slava, Emma la clown, entre autres.

Un pur instant bonheur. Un grand moment d’humanité. Un spectacle rare que je recommande vivement et qu’il serait vraiment dommage de manquer. Attention, au Studio Hébertot jusqu’au 11 novembre !

Spectacle vu le 4 novembre 2018,

Frédéric Perez

LA REVUE DU SPECTACLE

Bruno Fougniès , Mercredi 17 Octobre 2018

“Out of place”, Studio Hébertot, Paris

L’héritage du mime Marceau est encore et toujours, oh joie !, un langage universel

Dans un monde qui se cloisonne volontairement, et de plus en plus par les différences de richesses, de religions, de cultures, de couleurs de peau, de langues, de modes vestimentaires, de groupes ethniques, de mœurs, de sexes, d’âges… un langage capable d’être saisi et des histoires partagées par tous, devient presque un miracle. Le mime est capable de ce miracle, comme la musique et d’autres arts transcendants.

Guérassim Dichliev est bulgare, il découvre le mime en 1989. En 1993, il est à Paris. Il entre à l’école de Marceau. Il en devient ensuite l’assistant. À l’image de son maître qui créa Bip, l’alter ego grâce auquel le mime Marceau entra dans tous les imaginaires, il revêt dans ce spectacle un personnage aux traits marqués, unique comme les grands clowns s’inventent leurs doubles de scènes qui autorisent leurs rires, leurs rêves, leurs paniques, leurs histoires.

C’est ainsi qu’il entre en jeu, comme un spectateur de plus, anonyme, jouant des coudes et des excuses pour finalement trouver sa place… comme le titre ironique du spectacle l’indique : “Out of place”. C’est aussi une entrée ludique dans l’univers tonitruant de ce personnage en manteau long, en chapeau, comme sorti d’un film en noir et blanc. Non, plutôt que de rentrer dans son univers, c’est plutôt le contraire qui arrive. L’univers du bonhomme envahi soudain tout. Et c’est un déferlement d’histoires, comme un rêve qui se transforme en cauchemar et le cauchemar en rêve et ainsi de suite.

Guérassim Dichliev est l’antithèse physique de Marceau qui forçait ses traits avec du maquillage. Guérassim Dichliev a ce qu’on appelle une tête, un visage démesuré dans l’expression, un paysage à lui tout seul. Pas besoin de maquillage : un sourire, un front qui se dresse, une commissure qui s’abaisse et c’est comme si toute l’ambiance du plateau passait d’un sentiment à un autre.

Le mime devient alors, grâce à une bande-son quasi constante, aussi drôle et délirant que certains cartoons américains de la grande époque, celle de Tex Avery. Les références ciné foisonnent. Les bruitages aussi. Le rêve cauchemar passe par ces interventions sonores pour malmener le héros de folies douces en folies sévères.

Et puis, le mime a de tels côtés Fernandel qu’il est difficile de ne pas finir par être en empathie totale. Car on revient toujours la même histoire touchante de l’être simple, timide et maladroit. Une filiation qui va de Charlot à Bip jusqu’au Grand Blond. Voilà l’occasion de découvrir un autre personnage de cette grande famille d’êtres qu’on a envie de serrer dans ses bras ou de partir avec, voir le monde d’un œil neuf. ”


LE MONDE . FR

Evelyne Trân, dimanche 17 juin 2018

in English
« A rocket-powered racer, … this misfit shines like the star of a silent film… Heir to the mime MARCEAU, Guerassim DICHLIEV bears the imprint of a tireless traveler and the fanciful wanderings to which he invites the spectators, is in his image, surprising, unpredictable, wonderfully endearing. A must-see ! » (see more)
in French
« … un bolide à réaction,… l’énergumène crève l’écran d’un film sans paroles, il ourle ses petites vagues vers la haute mer, l’œil derrière le hublot toujours éclaboussé… son bâton de pèlerin porte donc l’empreinte d’un voyageur infatigable, le vagabondage délirant auquel il convie les spectateurs est à son image, surprenant, imprévisible, terriblement attendrissant. A voir séance tenante » (voir plus)

Interview  by Laurent Schteiner / Theatres.com  in English